La promotion et la titularisation constituent un problème pour les chercheurs engagés, mais peut-être pas pour la raison que vous pensez.

David Phipps estime qu’il n’y a probablement rien à redire sur les politiques de promotion et de titularisation. Ce sont plutôt les comités de promotion et de titularisation qui posent un défi pour les chercheuses et chercheurs engagés.

La promotion et la titularisation (PT) préoccupent depuis longtemps les chercheuses et chercheurs engagés. Le savoir engagé prend plus de temps que la recherche en solo, et les processus liés à cet engagement sont soumis à des questions ayant trait au pouvoir ainsi qu’au temps nécessaire pour équilibrer les différences de pouvoir. Le savoir engagé vise à créer un impact sur la communauté ; par conséquent, il risque de ne pas faire l’objet d’examens de haut niveau. Tous ces éléments comptent lors de la préparation d’un dossier de PT, notamment parce que la plupart des membres d’un comité de PT n’œuvrent pas dans le domaine du savoir engagé et ne savent donc pas apprécier ces questions.

Les établissements sont continuellement appelés à modifier leurs politiques de PT afin de mieux tenir compte du savoir engagé. Heureusement, il existe des ressources pour les aider.

  • Un numéro de la revue Metropolitan Universities contient des articles sur la promotion et la titularisation : https://journals.iupui.edu/index.php/muj/issue/view/1235.
  • « Reimagining academic assessment : stories of innovation and change from DORA » (Declaration on Research Assessment) (réimaginer l’évaluation universitaire : histoires d’innovation et de changement) https://sfdora.org/dora-case-studies/
  • « The Community-Engaged Scholarship Review, Promotion & Tenure Package, Community Campus Partnerships for Health (CCPH) » (trousse d’examen, de promotion et de titularisation en matière d’engagement communautaire du savoir) — un guide de préparation d’un dossier de PT https://www.ccphealth.org/resources/the-community-engaged-scholarship-review-promotion-tenure-package/
  • À titre d’exemple, l’Université de Brighton (membre du RIRC) a inclus l’esprit d’entreprise parmi les attentes de chaque rang de professeur. L’esprit d’entreprise peut comprendre le commerce et l’entrepreneuriat, mais aussi la recherche communautaire, l’engagement du public, la mobilisation des connaissances, et ainsi de suite, selon la discipline.
  • « Recognizing Excellence in Community Engaged Scholarship at the University of Victoria » (reconnaître l’excellence en matière d’engagement communautaire du savoir à l’Université de Victoria — un autre membre du RIRC !) https://dspace.library.uvic.ca/bitstream/handle/1828/8165/Tremblay_OCUE%20CES%20Guidelines_2017.pdf?sequence=1&isAllowed=y
  • « How significant are the public dimensions of faculty work in review, promotion, and tenure documents? » (Quelle est l’importance de la dimension publique du travail professoral dans les documents liés à l’examen, à la promotion et à la titularisation ?) https://hcommons.org/deposits/item/hc:21015/.

Ma mise en garde à propos de tout cela est qu’à mon avis, ce n’est pas une question de politique, mais de mise en œuvre de cette politique. Prenons l’exemple de l’Université York : l’article B2 de notre politique fait partout mention de l’engagement communautaire du savoir et de l’engagement public. Cela est merveilleux. Mais puisque ce sont les départements qui doivent appliquer cette politique, les chercheurs et chercheuses me disent que ce sont les documents et les livres (selon la discipline) qui dominent le processus d’examen.

De même, la politique de PT et le document d’orientation de l’Université Thompson Rivers indiquent que les départements devraient utiliser les catégories du savoir de Boyer : la découverte (recherche), l’intégration (synthèse), l’application et l’engagement (pratique) et l’enseignement (apprentissage). En théorie, une chercheuse ou un chercheur de l’Université Thompson Rivers devrait pouvoir être promu et titularisé sur la base de l’application et de l’engagement ; cependant, d’après ce que j’ai compris auprès des membres du corps professoral (OK, un seul), c’est la découverte qui domine le processus d’examen.

Si mon hypothèse est vraie — qu’il ne s’agit pas d’une question de politique, mais de la façon d’appliquer cette politique —, il ne faut pas changer la politique, mais plutôt former les comités de PT à reconnaître les normes d’excellence pour le savoir engagé. Pour y parvenir, ces normes doivent être établies afin de définir les outils et la formation nécessaires pour faire en sorte que les membres du comité de PT ne produisent pas des universitaires qui leur ressemblent.

Quelqu’un aurait-il des pratiques prometteuses à partager ?

 

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