Faire entrer la mobilisation des connaissances dans l’histoire

Ce billet a été rédigé par J. Gary Myers, blogueur invité, qui a une expérience de la mobilisation des connaissances en tant que courtier en connaissances communautaires et écrivain primé, qui a coécrit un chapitre de livre, des articles évalués par des pairs et rédigé des articles hebdomadaires pendant cinq ans sur le site Web KMbeing. Gary s’intéresse également depuis longtemps à l’histoire culturelle canadienne et l’histoire des LGBTQ2S+ et a décidé d’étudier en vue d’un doctorat dans le but de combiner ces domaines d’intérêt avec une motivation profonde pour faire progresser la compréhension et la mise en œuvre de la mobilisation des connaissances et l’utilisation de la recherche par d’autres historiens.

Ses recherches actuelles sont axées sur la nostalgie gaie, la théorie post-gaie, les études de la mémoire et l’histoire des communautés LGBTQ2S+ à Toronto en utilisant des stratégies de mobilisation des connaissances. Gary est également assistant de recherche bénévole auprès de Heritage Toronto.

 

 

Plus d’une décennie de réflexions et d’apprentissage a amélioré ma compréhension, mon écriture et mes publications dans des revues à comité de lecture sur la mobilisation des connaissances et l’importance de l’engagement universitaire et communautaire. Au cours de ces années, beaucoup, y compris les bailleurs de fonds, ont appris que pour que la recherche soit utile à la société et ait un impact, il faut développer et maintenir des partenariats entre les universités et les intervenants de l’extérieur. Après avoir lu l’article de David Phipps pour le Réseau Impact Recherche, « Comment la mobilisation des connaissances est-elle devenue notoire au Canada? », j’ai été invité à rédiger un billet en tant que blogueur invité concernant mon expérience de la mobilisation des connaissances.

Le titre de mon premier billet de blogue dans Kmbeing, en avril 2010, était Knowledge Mobilization (KMb) « In for the long haul ».  J’y décrivais les nombreux aspects multidirectionnels et engageants de la mobilisation des connaissances, notamment la manière dont la recherche peut être mobilisée :

  • d’un chercheur à l’autre à l’intérieur de l’établissement universitaire.
  • du chercheur au praticien et vice-versa.
  • des établissements universitaires aux secteurs communautaire et bénévole.
  • d’un secteur communautaire ou bénévole qui travaille avec un autre.
  • des organismes du secteur communautaire ou bénévole aux organismes gouvernementaux.
  • des établissements universitaires aux secteurs communautaire et bénévole.
  • des établissements universitaires aux partenariats avec le secteur privé et les entreprises.
  • à partir d’un tweeter ou d’un blogueur qui éclaire les recherches dans le monde universitaire.
  • grâce au bouche-à-oreille entre les intervenants de la communauté, le chercheur, le chercheur et d’autres communautés, les organismes gouvernementaux et les décideurs politiques, ainsi que les partenariats avec le secteur privé et les entreprises.

J’ai présenté le diagramme des avantages sociaux de Myers, inclus dans un chapitre de livre que j’ai co-écrit[1], afin de fournir une image visuelle de la manière dont la mobilisation des connaissances peut créer des avantages sociaux dans tous les secteurs sociaux et sur toutes les plateformes de médias sociaux.

J’ai pu présenter des exposés lors de conférences sur la manière dont l’utilisation des médias sociaux peut contribuer à l’engagement du public et à la sensibilisation à la recherche dans le cadre du processus de mobilisation des connaissances, mais pour être efficace, la recherche véhiculée par les médias sociaux doit aller au-delà de la diffusion pour être adoptée et mise en œuvre. Un exemple clair de la façon dont cela peut être fait est le modèle Co-Produced Pathway to Impact, développé par David Phipps et ses collègues, qui peut être trouvé dans le Journal of Community Engagement and Scholarship[2] présenté et cité ci-dessous, et approuvé par le Réseau Impact Recherche Canada.

CoProduced Pathway to Impact- French Version

 

Bien que mon blogue KMbeing primé ait fait son temps en 2015 dans le cadre de la littérature antérieure qui a contribué à l’émergence de compréhensions théoriques et pratiques de la mobilisation des connaissances, je suis encore « là pour durer » alors que je m’embarque sur une nouvelle voie d’études doctorales en histoire dans lesquelles j’ai un fort intérêt et une motivation profonde pour faire progresser la compréhension et la mise en œuvre de la mobilisation des connaissances dans ma recherche en histoire et dans celle d’autres historiens. Mon objectif en matière de mobilisation des connaissances (en plus de ma recherche en histoire) est d’encourager les historiens à utiliser des stratégies de mobilisation des connaissances pour soutenir l’impact de la recherche en dehors de l’université en collaboration avec des intervenants de l’extérieur, car les résultats de la recherche historique ne sont généralement pas repris et utilisés par des organisations non universitaires en dehors du secteur du patrimoine. Voici ce que l’utilisation du Co-Produced Pathway to Impact Model peut aider les historiens à faire :

  1. Engager des intervenants externes tout au long du projet de recherche, qui sont affiliés à la recherche historique allant au-delà des expositions habituelles des musées et du secteur du patrimoine ou que celle-ci intéresse. Les organisations communautaires et les entreprises qui sont liées au sujet de la recherche et qui y participent peuvent encourager de nouvelles idées pour faire la promotion des avantages de la recherche au-delà de l’approche historique

 

  1. Grâce aux stratégies de mobilisation des connaissances, les chercheurs en histoire et les intervenants externes peuvent créer les avantages de la diffusion au-delà des publications ou des conférences habituelles, par l’entremise des médias sociaux, de vidéos potentielles sur la recherche, d’entrevues dans les médias et d’outils interactifs tels que des applis de visite ou thématiques (qui concernent la recherche historique particulière), des musées mobiles ou des conférences pour sensibiliser davantage le public à la recherche historique.

 

  1. La coproduction avec des intervenants externes permettra non seulement d’orienter la recherche tout au long de son déroulement, mais aussi de soutenir les avantages de l’adoption en tant que validation de la recherche, afin de créer d’autres idées et possibilités de transmettre la recherche historique à un public plus large.

 

  1. Les avantages de la mise en œuvre peuvent inclure des services d’enseignement de l’histoire pour les utilisateurs finaux, de nouvelles questions de recherche sur la recherche historique originale, d’autres nouveaux produits développés pour commercialiser la recherche, ou d’autres programmes d’enseignement de l’histoire.

 

  1. Bien que toutes les recherches sur l’histoire n’aboutissent pas à un changement de politique, il peut y avoir un impact avec des avantages sociaux, économiques ou éducatifs produits pour les bénéficiaires finaux. En sensibilisant davantage le public à la recherche historique, de nouvelles questions de recherche découlant de la recherche historique originale peuvent étendre la recherche encore plus loin pour un impact potentiellement plus large.

 

L’aspect important pour les historiens qui utilisent le Co-Produced Pathway to Impact Model est qu’il peut être intégré à la recherche historiographique tout aussi facilement que n’importe quelle autre discipline universitaire, pour trouver de la valeur dans la mise en œuvre de stratégies de mobilisation des connaissances. Malheureusement, les historiens semblent être à la traîne lorsqu’il s’agit de mobilisation des connaissances. J’ai appris que les chercheurs qui s’engagent dans des partenariats avec la communauté sont la clé de l’impact de la recherche en rendant celle-ci utile à la société. La mobilisation des connaissances peut offrir aux historiens (et aux chercheurs de toute discipline) un moyen d’aller au-delà de l’intérêt personnel d’un projet de recherche pour contribuer au bien public. Les historiens ont également le potentiel d’apporter des changements positifs en éduquant de diverses manières avec des projets au-delà du monde universitaire, et les partenariats avec des intervenants externes peuvent générer de telles possibilités, même pour les historiens.

 

[1] Phipps, David J., Krista E. Jensen, J. Gary Myers, « Applying Social Sciences Research for Public Benefit Using Knowledge Mobilization and Social Media », in Theoretical and Methodological Approaches to Social Sciences and Knowledge Management, ed. Asunción López-Vareda Azcárate (Rijeka, Croatia: In-TechOpen, 2012), chapitre 9, 179-208.

[2] Phipps, D.J., Cummings, J. Pepler, D., Craig, W. et Cardinal, S. (2016) Le Co-Produced Pathway to Impact décrit les processus de mobilisation des connaissances. Journal of Community Engagement and Scholarship, 9(1): 31-40.